Archive pour la catégorie ‘Actions et initiatives’

Un nouveau regard …….

Jeudi 3 septembre 2009

Il faut changer le regard que nous portons sur les seniors

Aujourd’hui on parle de « SENIORS » pour désigner une catégorie de personnes ayant dépassé le 1/2 siècle, en phase d’activité professionnelle ou non, et qui, sur les plans économique, démographique, médical, politique et philosophique pose des problèmatiques spécifiques dans l’évolution de nos sociétés.

L’état de « SENIOR » est un peu une combinatoire de ce que l’on appelle les pré ou retraités, le troisième âge, les personnes âgées.

L’image des « SENIORS » véhiculée par les médias est plutôt négative avec en arrière plan l’idée de vieillesse, les « SENIORS » sont ils un problème !!!

Lequel ? Peut être un frein à l’évolution irrationnelle de la société actuelle ? ou encore l’idée que la génération des « SENIORS » n’est pas assez porteuse d’espoirs ? Cette vision est erronée, voir malsaine et il faut la changer dans les mentalités des acteurs économiques, sociaux, politiques et aussi des individus eux-mêmes.

Il est évident qu’avec l’augmentation de l’espérance de vie dans notre pays le pourcentage de « SENIORS » a tendance à augmenter et il paraît souhaitable, en particulier pour les cadres, qu’ils restent actifs ou semi actifs pour s’assurer le plus longtemps possible une vie socialement confortable et une fin de vie douce .

La génération des « SENIORS » dispose d’une capitalisation de « vécus », nourrie d’expériences, d’enseignements et de synthèses. Il y a un enrichissement évident à associer les acquis d’hier avec les demandes et recherches de la société d’aujourd’hui.

Il y a des synergies entre générations  à mettre en oeuvre qui peuvent orienter et faciliter un progrès et un développement harmonieux au profit de tous. Cette symbiose n’est malheureusement pas culturelle chez nous!

Pour les entreprises les cadres seniors sont des collaborateurs qui coûtent chers et ils sont souvent la variable d’ajustement en cas de difficultés économiques. En effet dans le système français, l’évolution des carrières des cadres est linéaire, plus on avance en âge, plus on coûte cher, car en principe on progresse en responsabilités assumées. Le revenu des cadres s’accroît avec leur ancienneté dans l’entreprise. Or pour de nombreux métiers de l’entreprise, il n’y a pas de corrélation évidente entre responsabilités à assumer dans un poste et l’âge du titulaire. C’est une question d’adéquation individuelle entre les exigences du poste et les capacités intellectuelle technique, managériale, physique et de disponibilité du titulaire. Il faut bien évaluer le poste y compris en termes de salaire et le confier à celui ou à celle qui a le meilleur potentiel pour en maîtriser toutes les composantes et toutes les responsabilités.

D’une part, on peut être directeur d’une usine de 500 personnes qu’on ait 30 ans ou 60 ans. Ce n’est donc pas le revenu du cadre au moment de sa retraite qu’il faut considérer, mais la somme actualisée des revenus acquis au cours d’une carrière.

Il faut donc avoir le plus tôt possible dès son entrée dans la vie industrielle une démarche pro-active d’anticipation de ses choix d’évolution.

D’autre part après 30 de carrière un cadre de 55 ans a en principe moins de charges qu’au début de son démarrage dans la vie active. Il n’est donc pas irrationnel d’envisager d’harmoniser l’évolution des carrières avec l’évolution des charges personnelles et familiales.

Mettre en oeuvre de tels changements suppose chez nous une révolution dans les mentalités et les comportements car nous ne savons pas nous projeter dans l’avenir et l’on s’accroche au passé jusqu’au moment où….. Dans d’autres pays ce type de démarche est courant.

Les freins sont aussi d’origine syndicale. Pour les syndicats l’approche des « SENIORS » est assez dogmatique. Ce sont des retraités qu’il faut protéger en leur assurant un niveau de revenu aligné sur les situations actuelles les plus favorables, qui sont en fait celles de la fonction publique et de ses régimes spéciaux. Mais comment le faire ? Ils ne proposent pas des solutions valables économiquement sur le long terme.

C’est au travers les problèmes posés par le financement des retraites que les politiques se sont intéressés aux « SENIORS » sous le gouvernement Balladur.

Ils ont commencé à lutter contre le licenciement économique abusif des seniors très récemment. Ils font preuve de beaucoup de prudence alors qu’ il y a dans le prolongement de l’activité des seniors des gisements importants de développement économique, comme le montre le succès incontestable du statut de l’auto-entrepreneur.

C’est en réhabilitant la valeur travail que l’on pourra créer plus de richesses à répartir.  Seul notre Président ose parler de la valeur « bienfaitrice » du travail ; ses ministres sont timides sur le sujet ; une grande campagne de pub sur les différents aspects de la valeur du travail et de ses mise en oeuvre  contribueraient sans doute à initier une évolution des mentalités, encore bloquées par les fausses croyances en l’ Etat providence.

Alors au travail ! pour participer au développement durable d’une société individuellement plus responsable et plus solidaire.